27.01.2012

DMLA : greffes de cellules souches embryonnaires


Le 23 janvier 2012, la revue The Lancet a publié les résultats des premières greffes de cellules souches embryonnaires humaines effectuées par la société américaine Advanced Cell Technology (ACT) sur deux patientes atteintes de maladies entraînant une dégénérescence maculaire (Cf. Synthèse de presse du 22/11/10).
Ces greffes ont consisté en l'injection, assez profondément dans la rétine, de cellules souches embryonnaires humaines. Elles ont été bien supportées par les patientes, dont la vue s'est modestement améliorée. L'une d'elles, âgée de 70 ans environ, est atteinte de la forme "sèche" de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), forme la plus fréquente de la maladie, jusqu'ici dépourvue de traitement efficace, à la différence de la forme dite "humide" de la maladie, plus rare. La DMLA touche de nombreuses personnes, surtout après l'âge de 50 ans. La seconde patiente est atteinte de la maladie de Stargardt,  Il s'agit de la plus fréquente des maladies héréditaires de l'œil. Elle touche une personne sur 20.000 à 30.000 et conduit rapidement à une perte de la vision centrale avec un champ périphérique conservé. Le malade garde donc une certaine autonomie et peut continuer à se déplacer seul.
Pour le Dr François Malbrel, ophtalmologiste à la clinique Ambroise Paré de Lille, le principal intérêt de cet essai était de vérifier la sécurité et la tolérance des patients à ce traitement. Les auteurs de ces greffes soulignent qu' "un suivi continu et de nouvelles études sont nécessaires". Ils précisent que leur prochaine étape consistera à traiter des patients atteints de formes précoces de la maladie. En outre, ACT a annoncé le lancement d'un essai en Europe, sur un patient atteint de la maladie de Stargardt, au Moorfields Eye Hospital de Londres (Cf. Synthèse de presse du 22/09/11)..
Par ailleurs, les travaux de l'équipe de Sally Temple, de l'Institut des cellules souches neuronales de Rensselaer aux Etats-Unis, ouvrent une autre piste. En cultivant des cellules de l'épithélium pigmentaire de la rétine (dont la disparition progressive entraine la DMLA) prélevées sur des donneurs décédés, les chercheurs ont mis en évidence l'existence d'une sous-population de cellules souches multipotentes aptes à se différencier en divers types cellulaires, dont les cellules de l'épithélium pigmentaire. Il s'agirait de décrypter le mécanisme qui active la différenciation de ces cellules souches en vue de mettre au point les conditions favorables à la régénération in situ de l'épithélium défaillant. Pour Olivier Goureau, de l'Institut de la vision à Paris, "c'est la première fois qu'on met en évidence des cellules souches dans ce tissu chez l'adulte [...]. Cette piste de réparation endogène est prometteuse".
La DMLA apparaît surtout après la cinquantaine, et le risque ne cesse d'augmenter avec l'âge. Si l'on fait un fond d'œil à des sexagénaires, on retrouve 10% de lésions débutantes, 25% à 75 ans et 50% à 85 ans. Bien sûr, les lésions apparaissant à 80 ans sont moins inquiétantes que celles qui sont repérées à 55 ans, surtout s'il y a des antécédents. En effet, l'existence de cas de DMLA chez les parents multiplie par quatre le risque pour un descendant. Il y a donc une composante génétique forte. On peut d'ailleurs éviter le tabac, qui fait plus que tripler le risque, et prendre certaines mesures diététiques préventives.
Dès 2001, l'étude Areds (Age Related Disease Study), conduite chez plus de 3600 patients âgés de 55 à 80 ans, avait montré qu'il était possible de réduire de 25% le risque d'évolution de la DMLA et la baisse d'acuité visuelle chez des patients à un stade précoce de la maladie, grâce à la prise quotidienne d'un traitement associant des antioxydants à un cocktail de vitamines C et E, zinc, cuivre et bêta-carotène. Mais depuis, ce dernier été retiré des traitements proposés, car on s'est aperçu qu'il augmentait le risque de cancer du poumon chez les fumeurs.
"Les résultats ouvrent de belles perspectives
"Le bénéfice préventif du traitement antioxydant sur la DMLA a été confirmé en 2005 par une enquête néerlandaise montrant qu'on réduisait le risque d'un tiers. Depuis, les experts recommandent donc de manger régulièrement des micronutriments à effet antioxydant. On les trouve en abondance dans le thé, le cacao, le vin (avec modération…), les noix, le soja, les fruits et les légumes.
Pour le Dr Malbrel, l'intérêt principal de l'essai américain, auquel participe d'ailleurs un brillant ophtalmologiste français qui a migré aux États-Unis il y a une dizaine d'années, le Dr Jean-Pierre Hubschman, réside dans le fait que la greffe est bien supportée par les patients: "Le but de ce travail était avant tout de vérifier la sécurité et la tolérance des greffes de cellules dans la rétine. De ce point de vue, les résultats ouvrent de belles perspectives." Pour l'amélioration de la vision, les résultats sont modestes et limités à deux patients. Trop peu pour conclure, mais la porte est clairement ouverte à de nouveaux essais.

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26.01.2012

Aidez les médecins de la gripounette...

La grippe s'intensifie
Selon les données du Réseau des GROG - semaine 2012/03, du lundi 16 janvier au dimanche 22 janvier 2012 :
- La part des IRA (Infections Respiratoires Aiguës d’allure grippale) est à nouveau en hausse dans l’activité des médecins généralistes et pédiatres vigies du Réseau des GROG.
- Le nombre de cas de grippe détectés ou confirmés virologiquement est en hausse.
- La hausse de l’activité grippale n’est pas la même dans toutes les régions de France métropolitaine :
* seule la région PACA a franchi le seuil épidémique,
* 7 autres régions présentent une activité grippale soutenue mais pas encore épidémique,
* dans les autres régions, la grippe reste sporadique.
En France métropolitaine, la semaine dernière, l’incidence des cas de syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimée à 89 cas pour 100 000 habitants, en-dessous du seuil épidémique (172 cas pour 100 000 habitants).
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Depuis maintenant 3 semaines consécutives, l’épidémie de gastroentérite s’est confortablement installée sur le territoire français. C’est ce que confirme le Réseau Sentinelles de l’Institut national de santé et de recherche médicale (Inserm) dans son bulletin hebdomadaire. En parallèle, la grippe, timide jusqu’à présent, s’intensifie, et bien que toujours en dessous du seuil épidémique, gagne du terrain.
Désorientées par les températures douces que nous subissons, les maladies infectieuses ont eu beaucoup de mal à percer cette année. Après quelques balbutiements, l’épidémie de gastroentérite a dépassé depuis maintenant 3 semaines consécutives le seuil épidémique de 283 cas pour 100 000 habitants, confirmant ainsi son installation dans nos contrées. Selon les données fournies par le Réseau Sentinelles, actuellement, l’incidence des cas de diarrhées aiguës a été, du 9 au 15 janvier 2012, de 315 cas pour 100 000 habitants. Ainsi, depuis début janvier, 556 000 consultations en médecine générale ont été recensées, suite à cette infection. Certaines régions restent particulièrement touchées. C’est notamment le cas du Languedoc-Roussillon (486 cas pour 100 000 habitants), de la Corse (457) ou du Poitou-Charentes (407). D’après les modèles de prévision de l’Inserm, l’épidémie devrait continuer à progresser dans les semaines à venir. Afin d’enrayer la propagation de l’infection, il est conseillé de se laver les mains régulièrement.
Quasi inexistante cette année, la grippe pointe enfin le bout de son nez. En effet, d’après le Réseau GROG (Groupes régionaux d'observation de la grippe), l’épidémie se serait installé dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où le seuil épidémique de 172 cas pour 100 000 habitants a été franchi la semaine dernière. Si, sur l’ensemble du territoire, l’incidence de l’infection reste basse avec 89 cas pour 100 000 habitants, plusieurs régions présentent une activité soutenue du virus grippal. C’est notamment le cas de la Bretagne, de la Franche-Comté, et de l’Île-de-France.
Afin d’améliorer les connaissances sur la grippe et d’affiner la surveillance de cette dernière, l’Inserm et L’Institut de veille sanitaire (InVS) ont lancé hier un nouveau réseau de surveillance auquel tous les internautes de France sont cordialement invités à devenir acteurs. Baptisé GrippeNet, le site ouvert hier permet à toute personne majeure de s’inscrire et de remplir chaque semaine un questionnaire sur son état de santé (fièvre, toux, maux de tête, etc.). Les données ainsi obtenues en temps réel devraient permettre de compléter les informations recueillies en parallèle par les professionnels de santé… Le succès de cette initiative ne dépend que de vous…

24.01.2012

Les divers troubles du sommeil - 1

Paralysie du sommeil
La paralysie du sommeil est le terme employé à la fois pour décrire l'atonie musculaire normale qui apparaît naturellement lors du sommeil paradoxal mais aussi le trouble pendant lequel la conscience est maintenue alors que le corps se paralyse durant l'entrée dans le sommeil (Paralysie hypnagonique) ou lorsqu'il reste paralysé au réveil (Paralysie hypnopompique). Pour différencier la paralysie du sommeil normal et le trouble, on peut se référer au trouble du sommeil comme étant l'éveil pendant la paralysie du sommeil.
La paralysie du sommeil normale
La paralysie normale du sommeil est due à des mécanismes dans le tronc cérébral, en particulier les neurones réticulaires, vestibulaires, et oculomoteurs, qui empêchent les mouvements corporels, bloquent l'influx sensoriel et fournissent au prosencéphale l'activité interne qui caractérise l'activité cérébrale pendant le sommeil paradoxal.
En effet, pendant le sommeil paradoxal, phase pendant laquelle le cerveau est particulièrement actif, l'activité des muscles est bloquée, à part les muscles de la respiration et des yeux. Cela empêche que l'on vive physiquement les rêves, ce qui peut s'avérer dangereux pour soi ou les autres.
Comme les yeux ne sont pas paralysés par ce système, cette exception a été employée pour montrer que le rêve lucide était un phénomène objectivement vérifiable.
Éveil pendant la paralysie du sommeil
On pense qu'environ 25% des gens expérimenteront cet état au moins une fois dans leur vie.
Le Cauchemar, par Henry FuseliLe trouble connu sous le nom de « paralysie de sommeil » se produit quand la conscience est entre un état de sommeil paradoxal et un état d'éveil, mais où la paralysie musculaire est maintenue. Il peut se manifester aussi bien au moment de l'endormissement (état hypnagogique) que du réveil (état hypnopompique). La personne se croit réveillée, mais ne peut bouger. En outre, cet état est habituellement accompagné de certains genres d'hallucinations visuelles et sonores spécifiques, car la conscience est à mi-chemin de l'état onirique et la paralysie crée un état de tension/peur/panique. C'est une sorte de semi-éveil. La personne peut « voir » son environnement mais s'y mélangent les hallucinations oniriques (le rêve peut être défini comme une forme d'hallucination). Elle pourra donc avoir conscience que la porte de sa chambre est réellement ouverte, mais elle verra en même temps un tableau imaginaire à son mur.
La paralysie se produit toujours après un réveil du sommeil paradoxal, car les mécanismes d'inhibition des muscles ne sont pas levés au moment du réveil. Si l'on touche la personne ou l'appelle par son nom le blocage est levé immédiatement. Mais même sans intervention extérieure, l'attaque de paralysie de sommeil se dissipe après quelques minutes.
Causes possibles
On connaît peu de choses sur la physiologie du trouble de l'éveil pendant la paralysie du sommeil. Cependant, certains suggèrent que cela pourrait être lié à l'inhibition post-synaptique de moto-neurones dans la région pontique du cerveau. En particulier, de bas niveaux de mélatonine peuvent stopper le courant de dépolarisation des nerfs, ce qui empêche la stimulation des muscles.
Il y a également une corrélation positive significative entre ceux qui éprouvent fréquemment ce trouble et ceux qui souffrent de narcolepsie. Cependant, diverses études suggèrent que beaucoup — voire la plupart — des gens éprouvent la paralysie de sommeil au moins une ou deux fois dans leurs vies.
Il semble que divers facteurs augmentent la probabilité de paralysie et d'hallucinations :
- Dormir sur le dos ;
- Avoir des horaires de sommeil irréguliers, siestes ;
- Stress important ;
- Changement de style de vie ou d'environnement.
- Certains exhausteurs de gouts, contenant notamment du glutamate de sodium ;
- La lumière ambiante.

Il y a aussi certaines personnes qui tentent volontairement d'accéder à l'état de paralysie du sommeil, car cela peut être utilisé pour déclencher un rêve lucide.
Hallucinations connexes
Ces hallucinations varient généralement selon l'individu, mais certaines sont plus communes à l'expérience que d'autres :
La plus courante
- Peur
Très courant
- Sentir une « présence » (souvent maléfique)
- Pression/poids sur le corps (particulièrement la poitrine)
- Sentiment de danger/mort imminent
Assez courant
- Hallucinations auditives (souvent respirations, bruits de pas, voix indistinctes ou bruits de palpitation, grognements)
- Hallucinations visuelles telles que des personnes ou des ombres marchant autour de la pièce
Moins courant
- Sensation de flottement (parfois liée à des expériences de mort imminente)
- Hallucinations tactiles (telles qu'une main touchant ou saisissant)
- Hallucinations agréables (la présence a alors un caractère protecteur et rassurant)
Rares
- Sensation en chute
- Vibrations
- Interaction sexuelle
Solutions au trouble
On ne connaît pas de remèdes pour stopper le trouble mais en faisant disparaître la peur qui accompagne le phénomène, on fait aussi disparaître les expériences désagréables. En général, les épisodes de troubles se déroulent sur une période de temps limitée. Plus l'âge augmente et plus la probabilité de tels troubles diminue.
La meilleure chose à faire, quand le trouble survient, est de se calmer. Une autre technique pour stopper une paralysie du sommeil serait de concentrer son attention sur un point précis et de respirer calmement. Il devrait s'en suivre soit un réveil complet soit le début d'un rêve. Certaines personnes disent également que remuer les yeux d'avant en arrière peut aider. Certains prétendent pouvoir induire un rêve lucide ou une expérience hors du corps (aussi appelé voyage astral) à partir de cet état. !réf. nécessaire
Pour prévenir ces troubles, il faut que vous ayez une bonne hygiène de sommeil : couchez vous à des heures régulières. De même évitez de vous endormir sur le dos. Enfin, essayez de ne pas y penser : bien souvent, c'est parce qu'on y pense que l'on risque d'avoir une paralysie. N'hésitez pas à vous changer les idées en vous couchant, en lisant un livre par exemple. !
Ne pas confondre
avec le cauchemar. Le terme cauchemar est improprement passé dans le langage courant pour désigner le mauvais rêve. Certains l'utilisent encore en faisant référence à son étymologie (Cauquemar). C'est le cas de certains articles traitant de psychiatrie et surtout de psychanalyse. C'est le cas aussi dans l'art.
avec les terreurs nocturnes. La paralysie du sommeil génère des symptômes d'angoisse, de peurs, du même ordre que ceux des terreurs nocturnes (même sémiologie), mais il existe en plus des phénomènes hallucinatoires connexes non décrits dans les terreurs nocturnes (du fait de l'amnésie de ces dernières), ainsi que le souvenir de l'épisode de paralysie. L'angoisse est une conséquence de la paralysie du sommeil, alors que les terreurs nocturnes sont des équivalents nocturnes d'une attaque de panique.



"Il ne faudrait jamais regarder quelqu’un qui dort.
C’est comme si on ouvrait une lettre qui ne vous est pas adressée". (Sacha Guitry, 1885-1957)
Les parasomnies sont des phénomènes anormaux observés au cours du sommeil et qui traduisent un état de conscience intermédiaire entre le sommeil et de l’éveil.
On en distingue globalement deux sortes, selon qu’elles surviennent durant le Sommeil Lent ou durant le Sommeil Paradoxal.
Celles qui surviennent en sommeil lent ne laissent que très peu de souvenirs au dormeur. Cf. Somnambulisme ; Bruxisme ; Somniloquie ; Terreurs Nocturnes ; Énurésie ; Syndrome d’Élpénor ; Syndrome de Kleine-Levin).
Celles qui surviennent en sommeil paradoxal sont souvent accompagnées de perturbations affectives et de réactions psychologiques (peur, contenu imaginaire) et physiologiques de stress (sueur, accélération cardiaque). Cf. Le rêve ; Paralysie et hallucinations du sommeil ; Troubles du comportement en SP ; Catathrénies ; Les "sexsomnies".
PSG en Sommeil Paradoxal .
Nb. Certaines parasomnies comme les catathrénies ou les sexsomnies, par exemple, restent encore mal définies et semblent intéresser les deux états de sommeil.
Répartition des parasomnies au cours de la nuit en fonction de l’architecture du sommeil 1°) Parasomnies du sommeil lent profond :
Somnambulisme
Bruxisme
Somniloquie
Terreurs Nocturnes
Énurésie
Syndrome d’Élpénor
Syndrome de Kleine-Levin
2°) Parasomnies en Sommeil Paradoxal :
Le rêve
Paralysie et hallucinations du sommeil
Troubles du comportement en SP
Catathrénies
Les "sexsomnies"
Rappel : Les troubles du sommeil sont classés en deux grands groupes : les parasomnies et les dyssomnies (ces dernières concernent les troubles du sommeil qui entrainent une plainte de somnolence excessive, ou d’insomnie).

07:48 Publié dans Santé générale | Tags : santé, femme, fille, mec, société |  Imprimer