18.05.2012

Le cerveau et la lecture

Pour lire, le cerveau coordonne l’activité de plusieurs régions !

Source : INSERM

Pour la première fois, on a pu mesurer simultanément l’activité électrique de plusieurs régions du cerveau impliquées dans la lecture. Ainsi, il a été possible de visualiser qui travaille avec qui et à quel moment précis, donc comment s'organise le dialogue dans l’encéphale. Cette découverte pourrait déboucher sur des applications dans le domaine du déficit cognitif, comme l’épilepsie.

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Lire une phrase, tâche simple en apparence, mobilise de nombreux neurones dans des parties du cerveau éloignées les unes des autres. Comment alors mettre en commun l’activité de ces différents neurones pour déchiffrer les mots, leur donner un sens et comprendre une phrase ? À Lyon, l’équipe Inserm dirigée par Jean-Philippe Lachaux au sein de l’Unité Inserm 1028 « Centre de recherche en Neurosciences » a mis en évidence la façon dont ces différentes parties du cerveau dialoguent à distance. Ces travaux sont publiés dans la revue The Journal of Neuroscience.

Pour lire et comprendre une phrase comme celle-ci, plusieurs régions de notre cerveau doivent intervenir pour reconnaître le sens de chaque mot, leur associer une forme sonore et construire progressivement le sens du texte. Chaque région a plus spécifiquement en charge un aspect de la lecture, mais aucune ne travaille seule dans son coin. Le travail se fait à plusieurs grâce à des interactions intenses permettant à chaque aire cérébrale d’échanger avec les autres à longue distance. Comme souvent dans le cerveau, le tout est plus que la somme des parties.

Lire dans le cerveau : sur les traces de l’activité gamma

Il restait toutefois une zone d’ombre importante dans la compréhension de ces mécanismes : la forme prise par ces interactions neuronales à longue distance. Sans cette donnée essentielle, il n’était pas possible de savoir, dans le cerveau, qui travaille avec qui et à quel moment, ni pendant la lecture ni d’ailleurs pendant aucune autre activité cognitive.

 

 

 

Ce schéma illustre les fluctuations de l'activité électrique haute fréquence produite par les neurones des régions temporale (bleu) et frontale (rose) de l'hémisphère gauche du cerveau lors de l'analyse de chaque phrase. @ Inserm

Des chercheurs de l’Inserm au sein centre de recherche en Neurosciences de Lyon, du Collège de France et du CHU de Grenoble viennent d'observer pour la première fois ces interactions neuronales. Pour y parvenir, les groupes dirigés par Jean-Philippe Lachaux, Alain Berthoz et Philippe Kahane ont mesuré directement l'activité électrique produite par les neurones dans le cerveau de personnes occupées à lire. Les résultats montrent que les composantes rapides de l'activité neuronale mesurée dans les aires de la lecture varient de façon corrélée lorsque ces dernières doivent interagir, notamment lors de l'accès au sens du texte.

Ces composantes rapides, qualifiées d'activité gamma, avaient déjà été signalées par cette même équipe comme étant d'excellents biomarqueurs du traitement de l'information dans le cortex : elles n'apparaissent effectivement au sein d'une population neuronale que lorsque celle-ci participe à l'activité cognitive du moment. Cette découverte laissait présager que lorsque deux régions cérébrales communiquent pour traiter conjointement une information, l'activité gamma que l'on peut y mesurer varie de la même façon dans le temps. C'est précisément ce qu'a montré cette étude.

De la lecture à l’épilepsie

Bien que ces conclusions ne concernent que la lecture pour l'instant, la même signature devrait permettre de suivre le dialogue entre les différentes parties du cerveau lors d’états cognitifs très divers, car les communications neuronales à distance semblent jouer un rôle central dans toute la cognition humaine, pour former une perception cohérente et intelligible du monde qui nous entoure.

Ces recherches devraient également fournir de nouvelles clés pour comprendre, entre autres, les déficits cognitifs associés à de nombreuses pathologies neurologiques, comme l'épilepsie.

09:11 Publié dans Santé générale | Tags : santé, beauté, femme, fille, mec, société |  Imprimer

17.05.2012

Troubles de l'érection: à tous âges

Troubles de l'érection : "Les pannes peuvent intervenir à tout âge"

Une étude réalisée par le laboratoire pharmaceutique Lilly, en collaboration avec l'Ifop, montre que 93% des hommes jugent l'érection “fondamentale” pour leur vie sexuelle. Sylvain Mimoun, gynécologue et andrologue, répond aux questions de France-Soir.fr sur ces problèmes.

Une enquête montre que deux millions d'hommes souffrent de troubles de l'érection en France MaxPPPFrance-Soir. Tout d'abord qu'est-ce qu'un trouble de l'érection ?

Sylvain Mimoun. Le trouble de l'érection se manifeste par deux choses. La première étant que le sexe ne devienne pas dur et la seconde étant le non-maintien de celui-ci. Car si un sexe ne se maintient pas dur, il est difficile d'avoir une relation sexuelle normale. Il faut savoir que c'est un problème que tout homme a connu, connaît ou connaîtra. Mais cela en devient un véritable souci si ces troubles sont fréquents. Face à ces dysfonctions érectiles, normalement les couples se donnent une chance de rattraper la situation. Mais depuis cinq-dix ans, les femmes au bout de deux-trois tentatives infructueuses ne poursuivent pas leurs aventures et mettent fin à la relation. Alors qu'auparavant, les femmes cherchaient à comprendre le problème et tentaient d'en discuter avec les hommes, aujourd'hui il y a un dialogue de sourd dans les couples.

"Tout le monde peut avoir un problème érectile"

F-S. Le trouble de l'érection se soigne-t-il ? Existent-ils des médicaments pour y mettre fin S.M. Les médications actuelles (les inhibiteurs des phosphodiestérases de type 5, dits IPDE5) telles que le Viagra, le Cialis ou le Lévitra sont efficaces. Mais pour cela, il faut que l'homme ne les prenne pas comme une roue de secours mais de manière régulière. Il faut savoir que s'il n'en prend que de manière occasionnelle, la mémoire du corps ne va pas retenir que cela fonctionne. Son cerveau restera sur les échecs. Alors qu'une prise quotidienne permet au cerveau d'assimiler que le sexe redevient en érection. Et ainsi, les troubles disparaissent. Récemment, Lévitra a sorti un comprimé qui fond sous la langue. Les hommes se sentent soutenus très vite et il n'y a plus la contrainte d'aller prendre un verre d 'eau. Cialis a lancé un comprimé à prendre quotidiennement qui fait que les hommes n'ont plus la sensation de "programmer" leur rapport. Il faut savoir qu'un trouble de l'érection n'est pas permanent. Si l'homme agit comme il faut, s'il se donne les moyens de sortir de cette spirale, en quelques semaines il peut retrouver une érection normale.

F-S. Est-ce que tous les hommes sont égaux face aux troubles de l'érection ?

S.M. Les pannes répétitives peuvent intervenir à tout âge. Qu'on ait vingt ou soixante ans, tout le monde peut être frappé d'un problème érectile. Mais le vrai changement s'effectue à quarante ans. A cet âge là, il suffit qu'un grain de sable intervienne pour que cela bloque l'érection du sexe. Ces problèmes peuvent être multiples : souci de travail, stress, problèmes conjugaux... Et après quarante ans aussi, on prend conscience de sa mortalité. Cela parasite le cerveau et cela devient un frein supplémentaire à la libido, au plaisir et par conséquent à l'érection. Après il y a aussi les personnes malades qui ont plus de chance d'avoir des problèmes érectiles. Les prises de médicaments liés au diabète, à l'obésité, l'hypertension artérielle, au cholestérol ou encore à certains problèmes neurologiques peuvent parfois interférer sur l'érection des hommes.

"Les femmes n'ont pas le même rapport à l'érection que les hommes"

F-S. A qui en parler ? Que faire face à ces problèmes d'érection ?

S.M. Théoriquement, la plupart des médecins généralistes sont sensibilisés à ce type de problème. Il y a eu, depuis de nombreuses années, beaucoup d'enseignements post-universitaires dispensés pour qu'ils puissent en parler et soigner les hommes atteints de troubles de l'érection. Il n'y a pas d'obligation à aller voir un spécialiste sauf si les choses ne fonctionnent toujours pas après la consultation chez le généraliste.

F-S. Quelle est la place de l'érection dans la vie d'un couple ?

S.M. Globalement quand les érections viennent naturellement et sans histoire, les femmes estiment qu'elles n'ont pas d'importance. Elles déclarent attendre beaucoup des caresses, des préliminaires et moins de la pénétration. Mais quand l'érection ne vient pas, elle devient centrale. Les femmes se centrent dès lors plus sur la pénétration et moins sur le reste. Les femmes n'ont pas le même rapport à l'érection que les hommes. Pour elles, l'érection témoigne du désir de l'homme. Ça les rassure. Alors que pour les hommes, l'érection est le moyen d'être performant, de réussir l'acte sexuel. Dès lors le dialogue n'en devient plus que nécessaire. Mais aujourd'hui l'érection n'est pas tout dans la sexualité. Mais si elle n'est pas présente, elle le devient. S'il n'y a pas de dialogue, c'est difficile de s'en sortir. La vraie difficulté étant d'éviter le blocage psychologique.

Sylvain Mimoun est gynécologue-andrologue. Directeur du centre andrologique de l'hôpital Cochin. Auteur de nombreux livres sur la question de l'érection et de la sexualité, il vient de sortir son Antiguide de la sexualité aux Editions Bréal

Propos recueillis par Maxime Ricard

France Soir

08:31 Publié dans Santé générale | Tags : santé, beauté |  Imprimer

15.05.2012

29 plantes et substances interdites dans un but d’amaigrissement


 Les autorités sanitaires interdisent l’utilisation à visée amaigrissante de 3 plantes et 26 substances actives. Pourquoi et quelles sont ces plantes et substances proscrites dans un but d’amaigrissement ?

Selon une enquête menée en 2006-2007 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) :

•Un tiers des préparations magistrales réalisées en pharmacie sont prescrites dans un but d’amaigrissement.

•Certaines substances entrant dans la composition de ces potions amaigrissantes sont utilisées de façon détournée (elles sont autorisées sur le marché pour d’autres indications, comme les diurétiques ou les antidépresseurs par exemple).

•D’autres de ces substances font l’objet d’un suivi de pharmacovigilance, parce que des effets indésirables ont été rapportés ou parce qu’il s’agit de nouveaux produits.

29 substances sont ainsi détournées à des fins d’amaigrissement. Or la prescription d’une préparation magistrale en pharmacie dans le cadre d’une démarche de réduction pondérale n’est pas du tout recommandée.

Dans ce contexte, et pour ne pas priver certains patients d’un traitement thérapeutique (enfants de moins de 12 ans, en cas de troubles sévères de la déglutition…), ces substances ne sont pas retirées du marché mais interdites d’utilisation dans un but d’amaigrissement.

Sont concernées, les 3 plantes suivantes : Garcinia cambodgia, Citrus aurantium L. ssp amara, Hoodia gordonii. Parmi les substances actives, citons :

•diazépam (benzodiazépine),

•fluoxétine (antidépresseur),

•hydrochlorothiazide (diurétique),

•spironolactone (diurétique),

•imipramine (antidépresseur),

•paroxétine (antidépresseur),

•metformine (antidiabétique),

•topiramate (antiépileptique),

•naltrexone (antagoniste des opiacés),

•pirfénidone (immunosuppresseur),

•etc.

En pratique, les autorités rappellent que " la démarche de perte de poids n’est ni anodine ni sans conséquence pour la santé. Elle doit s’inscrire sur le long terme dans le cadre d’une prise en charge globale, individualisée et interdisciplinaire ".

10:21 Publié dans Santé générale | Tags : santé, femme |  Imprimer